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7 octobre 2008 2 07 /10 /octobre /2008 13:35
 

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Valérie Pécresse, ministre de l’enseignement supérieur, vient de mettre en place, à grand renfort de communication, des prêts à destination des étudiants. Il ne s’agit pourtant que de la mise en lumière par l’Etat de dispositifs que les banques proposent déjà.
En effet, ce dispositif remplace les prêts à taux 0 que proposait l’Etat par des partenariats avec le groupe Banque Populaire et l’organisme de crédit Cételem. Dans cette nouvelle formule, c’est l’Etat qui se porte caution pour les étudiants auprès des établissements bancaires, mais les taux d’intérêts pratiqués sont ceux du marché.


Cette mesure ne lutte pas contre la précarité des étudiants, elle l’aggrave !
En déléguant aux banques la responsabilité des aides sociales aux étudiants, le gouvernement renonce à remplir son rôle, et écarte la puissance publique de l’aide sociale des étudiants.
Pourtant, la situation sociale des étudiants doit appeler des réponses efficaces. Aujourd’hui, 50% des étudiants ont recours au salariat pour financer leurs études et 100 000 d’entre eux vivent sous le seuil de pauvreté. De plus, ils sont aussi touchés par la baisse du pouvoir d’achat avec l’augmentation de 5,9% des dépenses obligatoires (frais d’inscription, loyer…) cette année.
Par ailleurs, l’âge moyen d’entrée sur le marché du travail est de 27 ans et les jeunes sont confrontés à une grande précarité à l’entrée dans la vie active. Elle se caractérise par des contrats précaires, un chômage des jeunes très important, des périodes d’intérim…
Face à cela, la seule du gouvernement ne consiste qu’à ajouté à cette situation sociale le droit à l’endettement, alors que de plus en plus de foyers en France doivent faire face à des situations de surendettement. À travers cette mesure, c’est la vision de l’université de la droite qui transparaît. L’université rêvée de Nicolas Sarkozy, c’est une université du chacun pour soi, où la sélection sociale à toute sa place et où il faut avoir les moyens financiers pour réussir.

L’allocation d’autonomie pour la réussite de tous. Nous pensons au contraire que l’université doit poursuivre sa démocratisation en permettant à chacun de réussir. Nous opposons un autre projet à celui de la droite : celui de l’allocation d’autonomie, volet financier d’un statut social pour la jeunesse.
Cette aide, versée à l’ensemble des étudiants, en fonction de leurs besoins propres -et non des revenus des parents, comme c’est le cas des aides sociales aujourd’hui- permettrait aux étudiants de ne plus avoir à choisir entre précarité du travail et dépendance familiale. Cela permettrait à chacun de réussir ces études en accédant à l’autonomie.
Cette allocation est la seule réponse qui accepte que l’élévation globale du niveau de qualifications bénéficie à l’ensemble de la société, et que par ce biais la période de transition entre l’obtention de la majorité civile et l’entrée sur le marché du travail doit être couverte socialement et reconnue économiquement.
Il est donc clair que deux visions de ce que doit être le rapport de la société à ses étudiants s’affrontent. Il est important de refuser cette logique d’endettement individuel et de promouvoir la mise en sécurité sociale de la jeunesse, premier pas pour la conquête de son droit à l’autonomie.

 

Source : MJS76

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