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11 octobre 2011 2 11 /10 /octobre /2011 07:09

La position de Martine Aubry n'a pas varié depuis trois ans : retraite à 60 ans à taux plein pour tous ceux qui ont commencé à travailler tôt, et liberté de choix pour les autres.

 

Les propositions du PS : http://www.parti-socialiste.fr/retraites

 

Le PS propose une réforme juste, efficace et durable, à travers 4 grandes priorités :

 

> Garantir le niveau de vie des retraités, menacé par les réformes de 1993 et 2003, qui n'ont rien réglé.

 

> Faire une réforme juste, en mettant à contribution tous les revenus, y compris ceux du capital; en prenant en compte la pénibilité; en maintenant l'âge légal de départ à 60 ans.

 

> Faire une réforme durable, avec un financement qui pérennise notre système par répartition,

 

> Des garanties collectives pour davantage de choix individuels, dans un cadre universel, solidaire et protecteur qui prenne en compte les parcours personnels.

 

Source : Martine Aubry
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11 octobre 2011 2 11 /10 /octobre /2011 07:08

Discours du 2 février 2011, à Paris

Forum des idées sur les institutions

 

La gauche a toujours été porteuse d’une longue tradition républicaine. Nous souhaitons aborder l’arrivée au pouvoir en 2012 avec une haute exigence démocratique. Ma conviction, c’est que la gauche ne doit pas renoncer à transformer les institutions de la cinquième République. (…)

 

La concentration du pouvoir dans les mains d’une seule personne, la personnalisation à outrance de la vie politique, l’abaissement du Parlement, la prédilection pour le scrutin majoritaire qui gomme la diversité politique : tout cela heurte les valeurs qui sont les nôtres.

Source : Martine Aubry

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11 octobre 2011 2 11 /10 /octobre /2011 07:08

De sommets mondiaux en sommets mondiaux, de G8 en G20, rien ne change. Beaucoup de proclamations mais pas de décisions. Or, cette crise, nous le savons, n’est pas un accident de parcours. C’est une crise profonde du système lui-même.

 

Pour proposer un autre modèle de développement, la finance doit être remise au service de l’économie réelle et de l’emploi, ce qui nécessite de véritables mesures de régulation financière.

 

Martine Aubry s’engage pour cela, dans le cadre du G20, à demander :

 

la création d’une monnaie de réserve internationale autre que le dollar, qui pourrait être gérée par le FMI ;

un renforcement du rôle du FMI dans la mise en œuvre d’une réforme du système monétaire et dans sa régulation ;

la présence de l’OIT (Organisation Internationale du Travail) au G20, ainsi que la participation de l’Afrique à ces réunions ;

il est également urgent de mener une véritable lutte contre les paradis fiscaux, les outils existent, à commencer par l’interdiction du secret bancaire et le renforcement de la coopération judiciaire et fiscale.

A l’échelle européenne, en relation avec les autres partis sociaux-démocrates, j’agirai activement pour :

 

la création d’une taxe sur les transactions financières de 0,05%, dont le principe a été acté par le Parlement européen en mars 2011. A l’échelle de l’Union européenne elle permettait de dégager 200 milliards d’euros par an qui pourraient être affectés à deux priorités : le financement de l’aide aux pays en développement et leur adaptation au réchauffement climatique, la réduction des déficits des Etats membres.

établir en Europe une agence de notation publique sous l'égide de l’Eurogroupe.

l’interdiction du secret bancaire dans l’Union européenne.

Enfin, en France, je prendrai rapidement des mesures permettant de lutter contre l’instabilité financière et pour redéployer l’épargne au service de nos entreprises et des ménages, je propose :

 

de séparer les activités de dépôt et d’investissement. Des mesures concrètes peuvent être prises dans ce but, à l’instar de ce qui va être fait en Grande-Bretagne.

la limitation et la régulation de tous les produits dérivés, y compris les produits hors bourse (OTC),

le renforcement de la régulation du secteur bancaire (notamment par le durcissement des « ratios prudentiels ») et des « hedge funds »,

d’étoffer les organes de contrôle et de supervision,

l’interdiction des produits financiers les plus exotiques et dangereux, comme, de manière non exclusive, des titres qui utilisent des multiplicateurs ou encore des options qui ne requièrent aucune mise de fond, la vente à découvert sans contrepartie…

l’établissement de taxes annuelles à la fois pour limiter les bonus, qui atteignent des montants indécents (la droite ayant échoué à enrayer le phénomène), et les produits financiers qui créent un risque systémique,

de limiter la taille des établissements qui conduisent des activités spéculatives.

Source : Martine Aubry

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11 octobre 2011 2 11 /10 /octobre /2011 07:07

 

Discours du 18 mai 2011, à Toulouse

Forum des idées sur la recherche et l'enseignement supérieur

 

 

 

Nous voulons une société capable de transmettre à chaque enfant tout ce qui a été créé, et écrit, tout ce qui a été inventé et découvert, et qui lui donne les moyens de faire fructifier et d’enrichir son patrimoine personnel et notre patrimoine collectif. Nous pensons, nous, que les enseignants, des professeurs des écoles jusqu’aux professeurs d’universités sont irremplaçables pour transmettre les savoirs mais aussi les valeurs qui sont celles de notre République.

 

Cette volonté de changer profondément de modèle de développement, nous impose le devoir de protéger la science, la connaissance, de ce qui aujourd’hui pourrit son avenir : les exigences de rentabilité immédiate, de la recherche du profit à court terme et de la compétition permanente. On le voit à travers la multiplication des appels à projet : bien sûr, nous – les chercheurs, les collectivités – sommes heureux quand nous sommes retenus sur des projets dits d’excellence. Bien sûr il faut que nous portions l’exigence. Mais lorsque l’on sait comment sont réalisés ces choix, lorsque l’on sait que l’argent va se concentrer sur ces projets au détriment de tous les autres, je ne suis pas sûre qu’on rende service à la recherche dans son ensemble. Si l’on veut vraiment développer l’élite ce n’est pas ainsi qu’il faut prendre les choses. Bien sûr, dans le court terme, cela permet de faire de l’affichage, cela permet de montrer des choses qui brillent un peu. Et les chercheurs, même s’ils sont critiques, n’ont pas le choix : ils doivent s’inscrire dans cette dynamique, car il faut bien survivre.

 

Et pourtant, le savoir est un domaine dont la performance obéit encore moins que tout autre à l’individualisme et à la concurrence systématique. L’émulation est bien plus productive quand elle prend source dans la collaboration et non dans la seule compétition. La compétition que nous devons promouvoir, c’est une compétition intellectuelle, une compétition de coopération, une compétition de débat et de curiosité. (...)

 

Nous savons nous que la science qui progresse, celle qui fait progresser la société, c’est une science qui marche sur ses deux jambes. Bien sûr il faut aider la recherche orientée, bien sûr, il faut une valorisation économique de la recherche, il faut aider à l’innovation. Il y aurait beaucoup à dire sur la façon dont, aujourd’hui, on aide plutôt les grands groupes qui auraient les moyens de se développer seuls, plutôt que les créateurs, qui sont parfois sur des domaines très pointu et ces PME PMI qui ne sont pas suffisamment accompagnées.

 

Mais si l’on ne prend en considération que le dernier étage de la fusée, elle ne décollera jamais : le soutien à la recherche fondamentale, à l’avancée de la connaissance, est irremplaçable. L’un ne va pas sans l’autre. Nous continuons à dire que le rôle des pouvoirs publics, et c’est peut-être leur devoir le plus exigeant, est de soutenir la connaissance pour la connaissance ; la curiosité sans laquelle aucune découverte n’est possible. C’est ainsi que nous préparerons l’avenir, dans l’université, dans les laboratoires.

Source : Martine Aubry

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11 octobre 2011 2 11 /10 /octobre /2011 07:06

La répartition équitable des fruits de la croissance, c’est l’objectif de la conférence salariale annuelle qui réunira l’Etat, le patronat et les syndicats. Je veux rétablir l’esprit et les modalités du dialogue social et de la négociation collective.

 

Parce que les Français ne peuvent pas attendre, j’instaurerai un rayon de prix citoyens dans les grandes surfaces : il s’agira d’une large gamme de produits dont les prix, mais aussi la qualité et la disponibilité seront encadrés par convention annuelle entre l’Etat et la grande distribution.

 

De même, je demanderai au gouvernement d’encadrer les loyers dans les zones de spéculation, et particulièrement lors de la première location ou à la relocation : de cette façon, les loyers cesseront d’exploser.

 

Pour réduire les dépenses d’énergie des ménages, je soumettrai les superprofits des groupes pétroliers à une taxe dont la recette sera affectée à des aides à l’isolation et au financement de tarifs progressifs qui seront créés pour l’eau, l’électricité et le gaz.

 

Je prendrai aussi des mesures vigoureuses pour faire de l’égalité salariale femmes-hommes enfin une réalité. Il faudra passer des discours aux actes : si elles veulent conserver le maintien des aides publiques et en particulier des exonérations de charges sociales dont elles bénéficient, les entreprises devront conclure avec les représentants des salariés des accords supprimant les écarts de rémunération entre les femmes et les hommes dans un délai de trois ans.

Source : Martine Aubry

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11 octobre 2011 2 11 /10 /octobre /2011 07:05

Martine Aubry fait du développement de nos TPE et de nos PME une condition du redressement économique de notre pays. Elle propose un projet ambitieux pour leur donner les moyens de grandir, d’innover et d’exporter. Après dix ans d’abandon par la droite, qui n’a proposé aucune vision ou perspective aux PME, la priorité de Martine Aubry sera de soutenir leur croissance et d’accompagner leurs dirigeants dans leurs projets de développement.

 

Au plus près des réalités économiques de chaque territoire, elle veut placer les artisans et plus largement les PME au cœur de sa stratégie économique. Forte de l’expérience des collectivités locales gérées par la gauche, Martine Aubry propose la mise en place d’une Banque publique d’investissement déclinée au niveau régional, au sein de laquelle elle veut créer une agence dédiée au soutien des TPE/PME de moins de vingt salariés.

 

Guider les patrons de PME dans leurs démarches administratives, les aider à trouver des financements et à recruter, les accompagner dans la réalisation d’un « diagnostic innovation », prolonger les délais d’échéances de contributions sociales et fiscales en cas de baisse d’activité, renforcer les liens avec les universités pour encourager l’innovation : Martine Aubry propose d’accompagner et de soutenir les PME avec des financements et des dispositifs utiles au quotidien.

 

Martine Aubry veut faire de l’innovation le moteur de notre dynamisme économique. Pour donner à nos PME et TPE les moyens de promouvoir leurs savoir-faire, elle propose de recentrer le crédit impôt recherche vers les dépenses de R&D des entreprises de moins de 2000 salariés et de créer, avec nos partenaires européens, un brevet européen pour aider les PME innovantes à protéger leurs innovations et à exporter.

 

Alors que la droite n’a cessé d’avantager les grands groupes, sans aucune contrepartie, Martine Aubry propose au contraire de rééquilibrer les relations entre donneurs d’ordre et sous-traitants. Elle s’est engagée pour cela à simplifier et accélérer les recours juridiques, à réduire les délais de paiement jusqu’à 45 jours, à renforcer les pénalités de retard et à transformer le trimestre créditeur pour la TVA en mois créditeur. Pour élargir les débouchés de nos petites entreprises, elle propose également de leur faciliter l’accès à la commande publique.

 

Enfin, parce que les cotisations patronales pèsent sur le travail et pénalisent les artisans, les commerçants et les entreprises de main d’œuvre, Martine Aubry propose une réforme ambitieuse, qui transfèrera l’assiette des cotisations de la masse salariale vers la valeur ajoutée. Le projet industriel et économique de Martine Aubry nous permettra de relancer une dynamique de croissance et de créations d’emplois dans nos territoires, en s’appuyant sur les entreprises qui créent, innovent et se développent - comme la votre.

Source : Martine Aubry

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11 octobre 2011 2 11 /10 /octobre /2011 07:05

La pêche et la conchyculture sont au cœur du projet de société et du modèle économique portés par Martine Aubry. La situation est grave. Pour les pêcheurs, il est de plus en plus difficile de vivre de leur activité.

 

Malheureusement, la nouvelle proposition de réforme de la PCP par la Commission européenne est à l’heure actuelle dans la continuité des deux précédents projets et ne suffira pas à éviter la raréfaction de la ressource et les pertes d’emplois. Les mesures annoncées sont peu contraignantes et ne permettront pas d’atteindre les objectifs de restauration des stocks. Le gouvernement français, de son côté, a fait des choix dangereux, défendant une pêche intensive, peu créatrice d’emplois.

 

Pour Martine Aubry, au contraire, le modèle de la pêche artisanale doit être préservé et soutenu. La pêche côtière, notamment, doit être réservée à la pêche artisanale. La durabilité écologique doit être établie comme un principe fondamental, condition de la durabilité économique et sociale.

 

Martine Aubry veut remédier à la paupérisation de la pêche européenne et ainsi revitaliser les zones côtières qui en dépendent, en s’engageant pour une PCP responsable en 2012. Elle propose de conditionner l’accès à la ressource et aux aides publiques à une série de critères portant sur les pratiques des pêcheries : impact environnemental, consommation de carburant et rejets de CO2, respect des conventions internationales sur la sécurité et le statut des marins, contribution de l’activité à l’emploi. Elle donnera davantage de place à la concertation avec tous les acteurs et davantage de poids aux recommandations des scientifiques. Elle sera attentive à ce que la directive-cadre Stratégie pour le milieu marin soit respectée.

 

Martine Aubry soutiendra le modèle de la pêche artisanale et développera de nouvelles zones protégées pour les poissons, en augmentant notamment les zones Natura 2000 en milieu marin. Elle s’engage également à améliorer la politique sociale en faveur des navigants à la pêche. Enfin, la mise à disposition de fonds publics pour faciliter cette transition vers une pêche plus durable est indispensable. 

 

Pour les conchyculteurs, producteurs d'huîtres ou de moules, la situation est extrêmement préoccupante. La mortalité des naissains est alarmante. La qualité des eaux fluviales qui se déversent dans les bassins de production est souvent dégradée, empirant les conditions d’élevage. Une réflexion globale des conditions de pérennité de ces deux filières sera engagée par Martine Aubry, afin d’une part de maintenir  le potentiel de production et d’autre part de développer les structures de production - notamment les petites et moyennes - et l’emploi.

 

Nous avons un patrimoine maritime exceptionnel, les pêcheurs et les conchyculteurs français ont un savoir-faire unique : Martine Aubry nous propose de tout faire pour en prendre soin.

Source : Martine Aubry

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11 octobre 2011 2 11 /10 /octobre /2011 07:02

Discours du 27 avril 2011, à Paris

Forum des idées - Les Outremers

 

La République que nous aimons n’est pas la négation des identités culturelles qui font la richesse de notre patrimoine commun. C’est tout l’inverse. Elle réunit des citoyens soumis à des règles communes, mais libres de leurs identités comme de leurs croyances philosophiques et religieuses. Edouard Glissant, qui nous a quittés, aimait à dire qu’ « aucune culture, aucune civilisation n’atteint à plénitude sans relation aux autres ». Bien des pistes sont ainsi ouvertes. Je pense bien sûr à la défense des langues régionales des Outremers, partout constitutives de leurs identités, des différents créoles aux langues polynésiennes.

 

Je crois à la nécessité de mettre en œuvre, partout outremer, des plans volontaristes de valorisation des patrimoines des Outremers, matériels et immatériels. Il nous faudra aussi donner aux collectivités davantage de pouvoirs et de moyens en la matière, car une politique de valorisation des cultures des Outremers doit s’ancrer dans les territoires et être donc davantage sous leur responsabilité directe.

 

Source : Martine Aubry

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11 octobre 2011 2 11 /10 /octobre /2011 06:59

La catastrophe nucléaire de Fukushima a provoqué, comme celle de Tchernobyl, un désastre humain, sanitaire et environnemental dont il faudra des années pour  mesurer l’ampleur. L’accident nucléaire, en tant que tel, n’est toujours pas maîtrisé, et personne  ne sait quand il le sera. Dès le lendemain de ce drame, j’ai organisé la réflexion du Parti socialiste afin qu’en soient tirées les conséquences. Nous avons clairement affirmé notre détermination à émanciper la France de sa dépendance au pétrole et au nucléaire. C’est une évolution importante. Nous avons demandé au gouvernement que cessent toutes les exportations en direction des zones à risques géographiques ou politiques. Nous avons proposé un moratoire sur le lancement de toute nouvelle capacité, dans l'attente d'un grand débat public.

 

Par ailleurs, j’ai eu l’occasion d’indiquer, qu’à titre personnel, j’étais favorable à ce que la ligne d’horizon de la mutation énergétique soit celle de la sortie du nucléaire. En l’état actuel de nos connaissances, le nucléaire doit être considéré  comme une énergie de transition et non comme une énergie d’avenir.

 

La spécificité française fait que le nucléaire est à la fois, la part majeure de notre consommation d’électricité, une industrie et des compétences. L’énergie est une condition du progrès individuel et collectif et un secteur riche d’emplois. Cela vaut pour aujourd’hui comme cela vaudra demain. Je propose donc aux Français de sortir progressivement et sérieusement du nucléaire. Aux  postures,  symboles et autres batailles de calendrier, je préfère des scénarios économiquement raisonnables, écologiquement efficaces et socialement justes. Ne sous-estimons pas l'ambition et la détermination dont il faudra faire preuve pour réussir dans cette voie. La participation et l'adhésion des Français sera déterminante. L'enjeu écologique est aussi un enjeu démocratique.

 

Vers une sortie du nucléaire d'ici 20 ou 30 ans

 

Je crois qu’il faut sortir du nucléaire. (…) Il faut être raisonnable : 75% de l’électricité aujourd’hui, c’est le nucléaire. Vous n’allez pas dire du jour au lendemain aux gens : « vous allez vivre avec la bougie ». Il faut aller vers une sortie, et cela peut prendre 20 ou 30 ans. Et pendant ce temps, il faut accroître la part des énergies renouvelables. (…)

 

C’est vrai qu’il y a chez nous beaucoup de gens qui pensent que le nucléaire, ce sont des emplois, c’est une force. Il y a une filière du nucléaire avec des compétences. Il faut que cette filière se transfère vers l’enfouissement des déchets, vers le démantèlement des centrales, et cela, ça se prépare et ça se travaille. Cela mérite mieux qu’un débat démagogique « je sors tout de suite parce que je suis courageuse ».

 

Avec ce qui s’est passé à Fukushima, ça ne peut plus être comme avant. Il nous faut immédiatement entrer dans la transition énergétique.

Source : Martine Aubry

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11 octobre 2011 2 11 /10 /octobre /2011 06:59

L'Europe va mal. Elle souffre des égoïsmes nationaux, de l'absence de vision du couple franco-allemand, surtout elle manque de projet. Pendant que nous restons immobiles, le monde avance, les émergents d'hier sont nos concurrents d'aujourd'hui et si rien ne change, les donneurs d'ordre de demain. Pourtant, la crise ne disqualifie pas l'Europe mais cette Europe prisonnière d’une idéologie en faillite : austérité généralisée plutôt que croissance partagée, concurrence plutôt que convergence, libre-échange plutôt que juste-échange.

 

Martine Aubry a résumé le choix qui s'offre désormais à tous les européens : « l'audace ou l'enlisement ». Au coeur de la crise, elle a réuni les dirigeants socialistes et sociaux-démocrates européens. Au Parti socialiste, elle a permis le dépassement du Oui et du Non au traité constitutionnelle autour d'une vision offensive de la construction européenne. Dans la primaire, elle fait des propositions sérieuses et ambitieuses pour que l'audace l'emporte.

 

La première audace pour l'Europe, c'est l'audace d'innover. Depuis 15 ans, plus aucun champion industriel n'a émergé sur le continent, l'agenda de Lisbonne qui devait augmenter progressivement les dépenses de recherches de l'Union a été abandonné, l'euro échappe encore à toute gestion politique contrairement à tous nos grands concurrents – les Etats-Unis, la Chine - : l'urgence est là, l'UE n'a plus le temps d'attendre que tous ses membres se mettent d'accords. Dans le cadre des coopérations renforcées, il nous faut retrouver l'Europe des grands projets, des projets concrets, celle qui avait conduit à la création de la Communauté européenne du charbon et de l'acier en 1952. Dans le nouveau modèle social-écologique promu par Martine Aubry à l'échelle nationale et internationale, l'Europe doit être en pointe :

 

en mettant en oeuvre des eurobonds qui ne doivent pas seulement servir à mutualiser les dettes souveraines, mais aussi à financer les indispensables projets industriels, scientifiques, technologiques dont la croissance et l'emploi en Europe ont besoin ;

en créant une Communauté européenne des énergies pour sécuriser les approvisionnements énergétiques de l'Union, diversifier ses sources de productions, réduire sa consommation.

En mettant en place d'une taxe sur les transactions financières à 0,05% à l'échelle européenne qui rapportera 200 milliards d'euros et participera notamment au financement de grandes infrastructures européenne comme la LGV Paris-Berlin

En créant un brevet européen pour aider les PME innovantes à protéger leurs innovations et à  exporter.

La deuxième audace européenne, c'est l'audace de résister dans la mondialisation. Résister au dogme mortel du libre-échange sans frein qui nous a plongés dans la crise. Résister à l'immobilisme et au passéisme de ceux qui se complaisent – ou se contentent – dans une Europe devenue simple pion sur l'échiquier mondial dominé par la Chine, l'Inde, les Etats-Unis et d'autres. Résister aux discours et aux politiques de certaines élites indifférentes aux délocalisations industrielles ou fiscales qui s'accommodent d'une France chambre d'hôte dans une Europe musée.

 

Martine Aubry appelle à un sursaut : l'Europe doit défendre ses valeurs mais aussi ses intérêts, ses salariés, ses entreprises, ses savoir-faire, ses territoires. Face à la concurrence exacerbée et déloyale, elle propose le « juste-échange » :

 

les normes sociales, sanitaires, environnementales et techniques fondamentales doivent être inscrites dans les règles du commerce international ;

à défaut, des écluses tarifaires au frontières de l'Europe devront être mises en place pour exiger de nos partenaires la réciprocité commerciale ;

la politique monétaire menée par la BCE devra être réorienter vers la croissance, l'emploi et la compétitivité des industries de l'Union à l'export ;

les clauses de sauvegarde dans les accords commerciaux bilatéraux que l'Union passe avec ses partenaires devront être renforcées.

*

 

De sommets mondiaux en sommets mondiaux, de G8 en G20, rien ne change. Beaucoup de proclamations mais pas de décisions.

 

Cette crise, nous le savons, n’est pas un accident de parcours. C’est une crise profonde du système lui-même et de la logique qui mène le monde. C’est un système gouverné par ce que Joseph Stiglitz a appelé la « goinfrerie capitaliste ». C’est une véritable crise de civilisation.

 

La crise de la société du tout-avoir et non du mieux-être, une société qui étend sans limite le domaine de la marchandisation. Le corps, le vivant, la culture, la nature, tout devient marque et profit.

 

La crise du profit maximal au détriment de l'intérêt général, de la primauté de l'urgence et du court terme sur le long terme. La crise d’une société qui surexploite et détruit les ressources naturelles, qui confisque la richesse pour une minorité et crée des injustices pour le plus grand nombre.

 

Ce système, c’est celui de la concurrence de tous contre tous, entre les individus, entre les nations, entre les continents, au lieu de la coopération et la fraternité entre les peuples. Ce que le marché a détruit, ce que l’argent a pourri, ce que la finance a dérobé aux entreprises et aux salariés, ce que le productivisme a abimé sur notre planète, seuls la politique et un autre modèle de société peuvent le restituer.

 

L’heure n’est plus à proposer des adaptations au système, il faut en changer. La crise est totale, la réponse doit être globale. Cet immense défi, c’est le devoir des progressistes aux quatre coins du monde, de le relever. C’est notre devoir face à l’histoire et aux générations qui viennent.

Source : Martine Aubry

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