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5 mai 2014 1 05 /05 /mai /2014 14:49

L'agro-alimentaire est une filière stratégique pour l'Europe et particulièrement pour notre pays. C'est le premier secteur industriel de la France avec 13 500 entreprises et 495 000 emplois, maillant l'ensemble de notre territoire avec des entreprises de toutes tailles, du petit artisanat à la grande industrie (97 % de PME). A l'export, l'excédent commercial se chiffrait à 9,2 milliards d'euros en 2012. Et pourtant… cette apparente vitalité ne doit pas cacher le fait que ce secteur économique est en régression. Ces dix dernières années, la France est passée de la 2ème à la 5ème place des pays exportateurs. L'excédent de notre balance commerciale ne repose que sur très peu de produits : le vin et les alcools tout d'abord, puis des produits frais, produits laitiers et fromages pour l'essentiel.

Sur nombre d'autres secteurs de l'agroalimentaire, à l'exemple de la Bretagne avec les volailles et le porc, notre pays rencontre de graves difficultés. Le problème des abattoirs bretons a mis sur le devant de la scène les questions de dumping social résultant de la directive "détachement des travailleurs" et des salaires "low cost", pratiqués notamment en Allemagne. Le gouvernement et les députés socialistes se sont attachés à résoudre cette question, et les négociations en cours, avec notamment l'instauration prochaine du smic allemand, sont de premiers résultats positifs. Mais ces pratiques ne sont pas les seules à devoir être mises en cause : l'urgence est à une restructuration de nos filières. Une nouvelle dynamique doit être créée entre les différents acteurs pour une meilleure maîtrise de la chaîne production-transformation et une meilleure répartition de la valeur ajoutée, que ce soit sur les volailles et le porc, mais aussi la viande bovine, les fruits, les légumes… et Cela passe notamment par une production agricole adaptée et suffisante sur nos terroirs pour fournir la matière première à nos entreprises de transformation. Des exemples : aujourd'hui, notre marché manque de 25 % de lait de chèvre qui pourraient être transformés en fromages dont les débouchés sont assurés ; nous importons 44 % de notre production de poulets de chair alors que, par ailleurs, nous en exportons quasiment autant – mais à moindre valeur ajoutée.

Etre compétitif passe également par la modernisation de nos infrastructures, par l'innovation et la recherche. Les aides de la politique agricole commune, notamment à travers le FEADER (Fonds européen agricole pour le développement rural), sont mobilisées en ce sens.

Notre patrimoine gastronomique fait partie de la culture européenne que nous nous attachons à protéger dans la mondialisation : du bœuf aux hormones aux OGM, en passant par les fromages 100 % pasteurisés et les poulets javellisés, nous aurions tout à perdre de l'uniformisation. Il n'est pas pensable que cela puisse être mis en cause lors des négociations actuelles du traité de libre échange entre l'Union Européenne et les Etats-Unis.

La France doit d'autant axer ses productions sur la qualité que les consommateurs sont de plus en plus exigeants et attentifs vis à vis de leur alimentation. Améliorer la qualité, et par là donner une valeur ajoutée supplémentaire à nos productions, c'est une dynamique indispensable pour assurer le développement de nos entreprises, assurer des débouchés tant sur notre territoire qu'à l'export. Le "made in France" de l'agroalimentaire est synonyme de sécurité alimentaire, de qualité : ces valeurs doivent être renforcées et nous permettre de tenir le haut du marché.

 

 

Source : Choisir notre Europe

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Published by aurelinfo - dans Européenne 2014
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