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16 septembre 2009 3 16 /09 /septembre /2009 06:20
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Des producteurs de lait ont annoncé qu’en raison de la crise laitière, ils entamaient, jeudi, une grève du lait. Le sujet est grave puisque l’agriculture est intrinsèquement liée à la sécurité et l’approvisionnement alimentaire de la population. C’est aussi l’équilibre naturel et nos paysages dont l’avenir est en jeu.

Depuis une dizaine d’années, le prix du lait est le fruit d’une négociation nationale entre les représentants des producteurs et les représentants des transformateurs. Fin 2007, c’était l’embellie. On produisait alors trop peu de lait. Les prix étaient assez élevés et les agriculteurs pouvaient s’en sortir. Mais en 2008, le gouvernement s’est abrité derrière la règlementation européenne pour décider qu’il devait désormais s’établir naturellement, sans accord négocié. Une nouvelle page du libéralisme, en quelque sorte. Or sans cours du lait établi au niveau national, le rapport de force entre d’une part, le secteur industriel et la grande distribution et d’autre part, les producteurs laitiers est bien trop défavorable aux producteurs. Par ailleurs, des mesures ont inversé la donne et d’une situation de sous-production, on est passé à une surproduction. En quelques mois, les agriculteurs ont vu les prix chuter. Dans le même temps, les consommateurs n’ont pas vu de différence sur le prix du lait et des laitages. Dans cette affaire tout le monde est perdant.

 

Le problème de fond est la surproduction laitière. Pour cela la fin des quotas laitiers, prévue à l’horizon 2015, est inquiétante. Certes leur principe mériterait d’être amélioré, mais leur abandon risque de conduire à une surproduction plus importante encore qui empêcherait certains producteurs d’écouler leur lait sur le marché. Je me permettrais de rappeler que c’est sous un gouvernement socialiste, celui de Laurent Fabius, que les quotas laitiers ont été créés en 1984. C’est également sous un gouvernement socialiste, celui de Lionel Jospin, en 1999, que le gouvernement français a résisté à la Commission européenne qui proposait de les abandonner. Mais c’est sous des gouvernements de droite, que les ministres de l’agriculture Gaymard et Barnier ont signé et parachevé la fin programmée des quotas laitiers.

Outre la conséquence économique, je tiens à insister sur les conséquences environnementales de la crise laitière. Le risque est grand de voir modifier le paysage agricole dans les années à venir. En effet, la baisse du prix du lait va entraîner la disparition des élevages laitiers de certains territoires. De même l’attribution des quotas n’est pas seulement un droit à produire pour les agriculteurs, c’est aussi une maîtrise publique de développement et d’aménagement du territoire. Si l’on supprime les quotas laitiers et que l’on laisse agriculteurs et laiteries fixer ensemble les prix, quand on sait que le rapport de force est défavorable aux agriculteurs, on peut imaginer que, sur certains territoires, les agriculteurs s’orienteront vers la culture plutôt que vers l’élevage. La démonstration est simple : si les éleveurs disparaissent, les herbages et les haies disparaissent avec eux. Sur des territoires comme les nôtres où l’on a en mémoire les dégâts qu’ont pu causer les pluies diluviennes qu’aucune haie, qu’aucun talus et qu’aucun champ n’ont pu retenir, on ne voit pas la crise laitière du même œil.

 

Source : MJS76

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Published by aurelinfo - dans Archive MJS76
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